J’ai eu la chance de pouvoir participer à la dernière édition du MiXiT. Pendant 2 jours, j’ai pu assister à différentes conférences et ateliers sur des thèmes très variés mais toujours en lien avec l’Agilité ou l’IT. J’ai été interpellée notamment par un talk sur le “Mentoring”, présenté par Nicolas Savois et Aurélie Ambal. Nicolas, le mentor, est CTO et Aurélie, la mentorée, est une jeune développeuse. Ils ont tous deux travaillé à la Société Générale, et nous ont présenté leur retour d’expérience sur cette pratique.

Peaks au Mix IT 2018

Rituels

Le Mentoring consiste à un rituel hebdomadaire de 30 min entre 2 personnes : le Mentor et le Mentoré.

Ce ‘’One to One’’ est l’occasion de déterminer des objectifs atteignables (SMART) pour aider à la progression, par exemple sur la maitrise d’une techno.

Lors de la 1ère session, le mentor rappelle que le mentoré est le seul acteur de sa progression. Le mentoré va définir ses objectifs, via une checklist de questions fermées qui servira pendant les sessions suivantes de mentoring.

Ensuite, chaque session se déroule de la façon suivante :

  • Ouverture Globale : autour d’un café (ou pas), on prend des nouvelles… A noter que la salle de réunion n’est pas une obligation. Au binôme de trouver le lieu et le moment qui convient.
  • Passage en revue de la check list
  • Définition de petits objectifs à atteindre pour faire avancer la checklist précédente
  • Discussion ouverte

 

Les “Up” de progression

Le mentoring est jalonné de “Up” pour marquer la progression. Par exemple, les équipes de développeurs de la Société Générale ont établi cette progression : « Newbie » (3-6mois), « Dev. Junior » (9-11 mois), « Dev senior » (1-2 ans), « Dev Archi » (A vie). Le principe est à adapter et transposer selon le contexte de chaque métier et société.

Les “Andon”.

Historiquement créé par Toyota, le “andon” était un outil industriel et visuel qui permettait de révéler d’un simple coup d’œil qu’un poste de travail rencontrait une anomalie afin de résoudre l’incident dans des délais très courts.

Dans le mentoring, le mentoré va voir son mentor pour l’alerter dès qu’il se trouve face à une difficulté, qui ne lui semble pas surmontable. (“Help, je ne vais pas y arriver” = “andon”).

Pour que cela fonctionne, il faut que le mentoré soit facilement accessible. Et précisons que le mentor ne doit pas aller chercher les andons. Le nombre d’andons est un bon indicateur de progression. Il est facile de deviner qu’ils seront nombreux au début (plusieurs par jour) puis diminueront avec la montée en compétence du mentoré. Le mentor peut les consigner dans un doc de suivi afin de pouvoir revenir dessus lors des rituels hebdomadaires.

Le Mentoring, c’est du management ?

Le Mentoring n’est pas du management, et c’est pourquoi le mentor ne doit pas être le manager. Le mentor est un des pairs du mentoré qui va l’aider à progresser dans son métier ou sa techno. Il peut faire le suivi de plusieurs mentorés, et par ailleurs, un mentoré peut aussi être le mentor d’une autre personne selon son “Up”. Il est préférable que le binôme ne travaille pas sur les mêmes projets afin de conserver un point de vue extérieur. Par contre, le mentor peut aller interroger l’équipe sur un des points de la checklist afin de valider un objectif (par exemple “Est-ce que tu dirais que mon mentoré maîtrise la techno ?”). Cet échange avec l’équipe peut aussi soulever de nouvelles pistes de progression. Le binôme Mentor/Mentoré peut fonctionner plusieurs mois ou années, et il appartient à chacun de dire lorsque le mentoring ne fonctionne pas ou plus afin de changer de binôme. Un changement peut permettre la reprise d’une courbe ascendante de progression. Le mentoring est un maillage de transferts de compétences, applicable dans toute société et pour tous métiers. Et vous convaincu ?