J’ai eu la chance de me rendre les 3 et 4 septembre à l’édition 2020 du SIDO, plus gros showroom européen dédié à l’Internet of Things (IoT), l’Intelligence artificielle (IA) et les technologies de réalité étendue (“XR”, comprenant la réalité virtuelle dite VR et la réalité augmentée dite “AR”). Au programme, deux jours de conférences et ateliers, avec plus de 450 exposants à la cité internationale de Lyon, me permettant de renforcer ma veille sur ces thèmes modernes et d’anticiper les enjeux de demain.

Dès mon arrivée, je suis accueilli par un petit robot d’accueil, d’apparence humanoïde : Pepper. Celui-ci s’approche et me remercie de porter mon masque. En effet, en plein contexte de crise sanitaire, le SIDO a pu être le premier salon maintenu, grâce à des mesures exceptionnelles : distanciation des stands, comptage en temps réel des participants pour chaque zone, désinfection de l’air automatisée, comités de surveillance… et cet android, qui utilise une IA permettant de traquer les personnes ne portant pas de masque ; afin de les rappeler verbalement à leurs obligations. Le ton est donné !

Le thème de la première conférence à laquelle j’assiste s’intitule “Technologie et humanité, l’heure des choix !”. Cette présentation a pour but de donner des éléments de réflexion sur ces évolutions technologiques qui prennent de plus en plus de place en entreprise, mais aussi quotidiennement dans nos vies privées. Si le titre évoque un choix arrêté, les intervenants nous proposent une vision différente : ne pas éliminer l’un ou l’autre, mais construire les deux ensemble, main dans la main. L’ordinateur et les NTIC sont mises au même niveau qu’un couteau ou le feu : des outils, ni bons, ni mauvais, ni neutres en soi. C’est aux usages qu’il faut prêter attention, afin que les dérives ne surpassent pas le bénéfice tiré.

Plusieurs centaines d’exposants étant présents, il est difficile d’accorder à chacun d’eux le temps et l’attention qu’ils méritent. On peut découvrir en traversant les stands toutes les dernières innovations en matière d’IoT et d’ IA. Principalement orientés vers l’industrie et le manufacturing, les bras robotisés et autres automates font le show : ici, on emballe en un temps record des cartons de produits pharmaceutiques, là, un transporteur autonome qui déplace des caisses de matériel volumineuses. On trouve également des produits plus expérimentaux, comme :

  • Un gestionnaire d’énergie ambiante permettant l’extraction et la réutilisation d’énergie (www.e-peas.com),
  •  Le “bouton magique”  LeBonCoin (Un appui sur le bouton permet au client d’être contacté rapidement par un conseiller)
  • Des serrures connectées continuant de fonctionner sans énergie

Au fil des échanges, des tendances fortes émergent. La première est la plus évidente : une transformation profonde est en train de s’opérer au travers de l’IoT et l’IA.

Transformation technique tout d’abord, puisque ces nouveaux outils amènent à une performance décuplée, mais seulement s’ils sont employés méthodiquement et avec expertise. Une analyse, une consolidation et une interprétation des résultats obtenus sont essentiels, sans quoi la valeur ajoutée est réduite à néant. Ainsi, le couple IoT/IA semble gagnant : là ou les capteurs et l’IoT viennent capter, alimenter des bases de données considérables, l’IA vient ensuite donner du sens à ces gros volumes de données, et peut éventuellement boucler pour transmettre des informations et ordres en bout de chaîne IoT !

Transformation organisationnelle également, découlant inévitablement de toute transition technologique profonde. Quel comportement adopter face à ces nouveautés ? Comment créer l’adhésion de tous les acteurs et parties prenantes ? Les exemples de projets échoués (plus de 80% des projets IoT) sont multiples et rappellent à quel point la mise en place d’automatisation et d’intelligence artificielle ne sont pas simplement des évolutions techniques, mais une transformation profonde des méthodes de travail.

Qui dit IA dit donnée, et qui dit donnée dit base de données : l’explosion de ces technologies a augmenté considérablement le besoin en data scientists, data analysts, et scientifiques théoriciens. Ces métiers viennent s’inscrire de plus en plus au coeur de la stratégie business, jusqu’à en devenir critiques : de nombreuses offres de transformation digitales par exemple, reposent dorénavant sur l’intelligence artificielle et l’IoT afin de guider le travail d’analyse et de refonte de l’organisation générale, des process et système d’information.